Contrairement à une opinion répandue, Adorno a développé une doctrine
de la vie juste, c'est-à-dire une conception de la manière dont nous devrions
vivre nos vies, tant individuellement que collectivement.
L'intérêt principal de cette «doctrine» est qu'elle s'appuie non seulement
sur la rupture introduite par Auschwitz dans l'histoire, mais sur une compréhension
nouvelle de la subjectivité, voisine de ce qu'on nomme la chair ou
encore l'affectivité en phénoménologie contemporaine.
Depuis ce tournant vers un sujet humain, la conception adornienne de la
vie juste se déploie selon quatre grands axes : premièrement, l'élaboration
d'une morale de la pensée ; deuxièmement, une refondation matérialiste de
la morale à travers une critique de la morale kantienne ; troisièmement, un
diagnostic de l'antisémitisme nazi comme l'inversion de la condition primordiale
de la vie en commun : la reconnaissance ; quatrièmement, une
réactualisation de la métaphysique à l'enseigne d'une méditation sur la mort
et sur l'espoir.
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