Dans le débat sur la décentralisation et l'aménagement du
territoire, l'Etat sénégalais envisage la suppression des gouverneurs et
des conseils régionaux qu'il entend remplacer respectivement par les
Ministres-résidents et les Assemblées régionales. Si l'auteur, dans l'état
des lieux qu'il dresse, reconnaît bien l'inefficience de la
décentralisation initiée depuis le milieu des années 80 et ce, à cause de
la politisation des institutions locales d'une part, mais aussi d'un
manque de création et de vision sur l'essentiel des élus locaux en
matière de politiques économiques locales d'autre part, il ne partage
tout de même pas la proposition de réforme envisagée par le président
Wade. Pour Toumany Mendy, la réussite de la décentralisation dépend
des comportements des parties prenantes : justice sociale,
environnement, consolidation des initiatives solidaires, ouverture des
services publics à l'implication des usagers, etc. Dans ce cas, soutient
l'auteur, il appartient aux institutions décentralisées de s'efforcer
d'englober dans leurs politiques, l'expression citoyenne et les
politiques dans leur interdépendance. Toumany Mendy aborde
également dans cette contribution, la problématique de l'intégration
africaine dont la réussite dépend selon lui, du succès des intégrations
sectorielles sous-régionales. Et pour l'auteur, en s'appuyant sur une
relecture de l'histoire coloniale ayant entraîné la balkanisation du
continent noir sans aucune prise en compte des réalités sociales,
culturelles et ethnolinguistiques, l'aménagement du territoire, au-delà
de ses aspects économiques, se présente comme un des principaux
vecteurs du rapprochement des peuples africains qui conditionne
l'avenir de l'Union africaine. Pour étayer cette analyse, l'auteur propose
une politique infrastructurelle supranationale qui englobe le Sud du
Sénégal, notamment la région de Sédhiou, la Gambie et la Guinée-Bissau.
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