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L’arbre et la pierre, le geste et le visage, la foule et la ville, tout en ce monde, parle d’une « vraie vie » ouverte à quelque chose d’infiniment plus grand que soi. Mystère de l’espérance et de la beauté. Mystère de cette éternité bornée par la connaissance de sa fin prochaine – « il y a des roses mais fanées » dit un poème d’Autres avancées. Quelle question devenons-nous à nous-mêmes qui ne sommes que passants, quelle question qui reste sans réponse et demeure suspendue aux mots mêmes du poème ? Si la poser, c’est s’abandonner à cet infini qui nous dépasse, Pierre-Alain Tâche nous en désigne l’heure et nous en montre le chemin. Suivons dans Portraits et destins son jardinier des Nymphes ou son coureur à bout d’élan, ne nous indiquent-ils pas le lieu et l’instant qu’il nous faut habiter ? Et plus avant, cette dame très âgée, ce clown perdu, ce vigneron rêveur ne nous montrent-ils pas à leur manière comment on doit se « couler dans le flux tendu de la durée ». Ainsi donc, si de façon paradoxale ce flux doit être le lieu de notre présence, interrogeons, avec le poète, le temps qui coule sur les femmes et sur les hommes, qui coule sur leurs enfants essaimés. Tournons-nous, avec lui, vers les objets du monde qui sont le lieu même de ce flux. Avançons… comme le suggère le titre du recueil, interrogeons les rivières, celle où s’abreuve Œdipe, celle qu’étrangle la D539, et pour en comprendre la musique d’eau apprenons qu’il faut, d’un même pas, en descendre et en remonter le cours. Interrogeons plus loin les sentes et les pistes de Figari, interrogeons tous les chemins et comprenons que, d’un même mouvement, ils font sortir de soi et qu’ils ramènent à soi sous les battements de cils des palmiers, le cri d’une hulotte ou le prêche des chênes centenaires. La mémoire est ainsi faite et le bonheur de tant d’images. Que l’air tremble, qu’un cerisier frémisse, qu’un groupe d’oiseaux vendange la lumière, le poète continue d’explorer dans Agaricus Bisporus les mille formes radieuses de sa présence au monde mais c’est aussi pour buter sur sa fin. Et s’il écoute, amusé, les petits rires étouffés d’un torrent, il sait aussi sonder avec angoisse l’abime ouvert que s’apprête à franchir le corps tombé d’une grive. Sa parole si sereine, sa parole qui butine, cherche alors à se frayer un passage dans l’obscur, un passage éprouvant vers la petite lumière du poème éponyme. « Etoile ou lampe ? » demande-t-il alors sans trancher. Suffira-t-il de questionner le monde pour répondre à cette montée de la nuit ? D’une terrasse vénitienne Pierre-Alain Tâche observe un homme en contre-bas : Il est en marche et sait habiter, où qu’il soit, un espace immobile et pourtant frémissant. Le force du poète ne réside-t-elle pas dans cette épaisseur qu’il acquiert en tenant les contraires et son secret, dans cette éternité que le poème confère à l’instant ? Ainsi le poète ne se pose jamais devant le monde avec des mots pour le décrire, mais dans le monde avec ses mots pour le donner à voir, le donner à vivre. Ces paysages contemplés ne sont plus seulement des paysages, ces villes parcourues plus seulement des villes et ces visages croisés plus seulement ceux d’inconnus de hasard. Une intense circulation d’images fait dialoguer entre eux l’hier et l’aujourd’hui, le réel et le mythique, les objets du quotidien avec les œuvres du passé. Comme autant d’échos de la mémoire superposant leurs strates aux choses du réel, le galop d’un quadrige de bronze se mêle aux clapotis d’une barque gouvernée par Caron, les pas de dieux antiques résonnent sur des dalles où s’avance un lion de fresque auquel le poète-Noé tend simplement la joue. Chez Pierre-Alain Tâche les choses qu’il nomme comme les êtres qu’il recueille – (Noé est à l’œuvre dans les deux verbes) - échangent leur substance avec celui qui les rencontre, avec ses mots, ses rêveries et la mélancolie qu’il porte en lui. « Il est très important d’être perdu » fait-il dire au peintre. Alors il faut bien croire que c’est dans cette perte qu’il nous propose de nous trouver nous-mêmes, dans cet abandon qu’il nous invite à le suivre pour tenter d’épouser enfin, avec lui, l’imminence des métamorphoses.