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Biribi parut en 1889, moins de vingt ans après la défaite de la France. Il dénonçait le sadisme des chaouchs - les adjudants, dans les bataillons disciplinaires -, les brimades incessantes, les routes tracées dans le désert tunisien à force de vies humaines sacrifiées. Biribi n'était pas un bagne mais l'ultime punition que l'armée réservait à ses réfractaires. Libertaire plutôt qu'anarchiste, Darien échoua à Biribi pour sa vingtième année, ayant accumulé manquements à la discipline et refus d'obéissance et après avoir connu toutes les étapes des prisons militaires françaises. Il faudra attendre Albert Londres, un demi-siècle plus tard, pour que l'infamie soit dénoncée et, après une rugueuse campagne de presse et nombre de commissions parlementaires, le bagne fermé. Darien n'y assista pas, il était mort en 1921.