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Un historien mène l’enquête. Simon Schama n’a que deux certitudes, le reste pourrait bien n’être que spéculations hasardeuses. Première certitude : Québec, 1759. Le général Wolfe a trouvé la mort face aux Français sur le champ de bataille. Londres, 1771, à la Royal Academy. Le peintre a spéculé sur la lumière qui baigne le visage du vainqueur-martyr rendant l’âme entre ses aides de camps. Immense succès mondain. Benjamin West se spécialisera désormais dans les agonies héroïques. Le général a-t-il eu vraiment le bon goût de trépasser avec un tel décorum ? A supposer que le peintre soit l’auteur de toute cette mise en scène, le crime profiterait sans doute à l’Empire britannique dont l’étoile montante exige icônes et allégories… Seconde certitude : Harvard, 1948. Le Dr Parkman, aliéniste, rejetons excentrique d’une grande famille de Boston, disparaît après avoir acheté une laitue et collecté ses loyers. La police n’écarte aucune hypothèse et les langues vont bon train. Les soupçons se portent bientôt sur un collègue professeur de chimie, locataire impécunieux de la victime. John Webster a-t-il vraiment tué ? On n’a contre lui que des présomptions. Et déjà le jeu des pouvoirs en présence s’emploie à changer le voisin, l’ami, le familier en un monstre étrange et ténébreux. A qui profiterait ce crime-là ? Peut-être à l’establishment universitaire, imbu de sa vertu, désarmé face à la crise sociale et morale qui s’annonce, soucieux de masquer son désarroi par un cérémonial d’exclusion du bouc émissaire… Ces deux nouvelles historiques nous captivent à l’égal du thriller le plus efficace. Nous avons en main les pièces à conviction, le dossier complet présentés avec brio, humour, humanité. A vous de juger, semble nous dire l’auteur. Mais lorsque Simon Schama assassine les certitudes avec préméditation, le crime profite au lecteur.