Dans le corpus des contes à rire, les fabliaux qui mettent en scène des protagonistes de naissance noble méritent d'être étudiés séparément : le jongleur devait en effet faire rire un auditoire de cour - qui le rétribuait -, en malmenant parfois les héros bien nés et certaines conventions courtoises. Il s'en tirait sans mal si le rire pouvait éclater aux dépens d'un prêtre cupide (
Le Prêtre et le Chevalier
), d'un paysan anobli (
Bérenger au long Cul
), d'un bourgeois (
le Fouteur
), d'une dame autoritaire et acariâtre (
La Mégère émasculée
). Tous les acteurs d'un petit drame courtois peuvent même échapper au ridicule (
Guillaume au Faucon
), et le comique vient alors de l'habileté avec laquelle un jeu de mots grivois permet de dénouer l'intrigue...
Jean-Luc Leclanche a procuré une édition avec traduction de ces textes alertes, peu connus, rarement édités, dont certains n'avaient jamais été traduits. Il a joint, à titre documentaire, deux textes brefs qui ne sont pas des fabliaux mais qui peuvent aider à comprendre le rire courtois:
Les Putains
et les Jongleurs
, et le
Lai du Libertin
.
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