La publication du Tramway en 2001 a rappelé avec
éclat l'importance des déplacements dans l'univers
romanesque de Claude Simon. Ce tramway de
l'enfance, dont «[les] allées et venues d'un terminus
à l'autre entre les ondulations des vignes ponctuent
le cours des vies, avec leurs menus ou cruels
événements» (prière d'insérer), renvoie secrètement,
dans la vaste chambre d'échos de l'oeuvre, à
bien d'autres «trajets», par-delà celui que le roman lui-même propose
en contrepoint dans le «dédale» d'un hôpital. Mais ces voyages sont
aussi la métaphore privilégiée d'une écriture de la mémoire, nourrie
des expériences d'une vie, de l'histoire d'un homme plusieurs fois mêlé
à l'Histoire des hommes, et les multiples trajets matériels que l'oeuvre
entrelace figurent, «en abyme», le travail même d'une écriture qui
se veut exploration et aventure. À la fois machine mémorable et riche
métaphore, le tramway avait donc vocation à être le fil conducteur du
colloque qui a réuni à Perpignan, les 14 et 15 mars 2003, des chercheurs
français et étrangers invités à réfléchir sur les «allées et venues»
de l'écriture simonienne à travers l'espace, le temps, la société,
l'imaginaire, vaste et fascinant réseau que le lecteur parcourt en tous
sens.
Nous publions uniquement les avis qui respectent les conditions requises. Consultez nos conditions pour les avis.