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L’histoire de la criminalité au Moyen Âge est entachée d’une image noire et sanglante, qui renvoie aux archétypes traditionnels de la violence médiévale : ce Moyen Âge serait en effet le conservatoire des pratiques judiciaires les plus irrationnelles et le laboratoire de la torture, comme des peines les plus cruelles. Au-delà des clichés, Valérie Toureille s’attelle à démêler les complexités de la justice médiévale à partir du XIIIe siècle : existe-t-il une hiérarchie judiciaire (justice seigneuriale, justice royale, justice urbaine) ? Qui en sont les juges ? Le système évolue-t-il avec le renforcement de l’autorité royale ? Derrière la diversité des crimes et l’hétérogénéité des acteurs surgit une véritable sociologie criminelle, riche d’enseignement sur la société médiévale et ses valeurs. On découvre ainsi que le Moyen Âge connaît une criminalisation spécifique de certaines transgressions (vol, blasphème…), bien différente de celle qui a cours dans nos sociétés contemporaines. De même, le traitement du crime par la justice accorde une place conséquente à une résolution des conflits par l’accord et la réparation, sans oublier le pardon. Loin des stéréotypes de barbarie, la justice médiévale parvient donc à conjuguer sans les opposer, le châtiment et la miséricorde.