Contrairement à la critique qui, abusée par les apparences capitalistes, voit dans le capitalisme une domination concrète (celle des capitalistes, des banquiers, des Juifs, des Américains...), Postone analyse le capitalisme comme une domination impersonnelle, celle du capital lui-même.
Partant d’une relecture de Marx selon laquelle le capitalisme est une forme de domination impersonnelle, Moishe Postone rompt avec l’idée de « sujet » propre au marxisme traditionnel. Refusant d’opposer capitalistes, prétendus sujets dominants, et travailleurs, prétendus sujets émancipateurs, il pose le capital comme étant le vrai sujet, le « sujet automate » dont l’humanité doit se libérer. Tâche difficile car, individuelle ou collective, affirmative ou critique, toute subjectivité est imprégnée par les structures sociales du capitalisme. Une conscience oppositionnelle reste possible, mais elle doit être suffisamment réflexive pour rompre avec la pensée soumise au fétiche-capital et éviter ainsi de tomber dans l’une ou l’autre des fausses critiques du capitalisme, dont l’antisémitisme moderne a été et reste malheureusement l’une des manifestations les plus voyantes.
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