La Lorraine des Trente Glorieuses. Une aventure industrielle, peuplée de femmes et d'hommes qui règlent leurs problèmes avec persévérance et à coups de savate. Ou comment un territoire, sa société et toute une époque influent sur le destin de nos personnages.
C'est là que vivent Lisette et Vlad. L'une refuse de repasser les culottes de son mari, l'autre pousse des wagonnets à la mine. Ils ne se connaissent pas mais ont la même envie : qu'on leur fiche la paix...
C'est mal barré dans ce petit monde où l'on s'épie et où on adore se jalouser.
Je suis né en Lorraine et j'ai vécu les dix premières années de ma vie dans une petite ville dortoir qui survivait grâce à sa proximité avec Metz. J'ai quitté ma région, comme beaucoup, du fait du travail de mon père.
J'y retournais souvent pour de longues semaines de vacances chez mes grands-parents paternels. Chez eux, les mots « mine », « guerre », « Pologne » revenaient toujours dans les conversations. Je posais des questions et grâce aux histoires (familiales entre autres) et aux nombreuses sorties avec ma grand-mère, je me suis petit à petit rendu compte du poids du disparu - celui des mines et de la sidérurgie lorraine. Ces balades m'ont permis de me familiariser avec un vocabulaire spécifique, de reconnaître les vestiges de ces « cathédrales de fer », de comprendre le plan de construction des cités et de savoir comment on y vivait « dans le temps ».
En 2011, la direction de l'usine de Florange annonce sa fermeture. Florange, c'est l'usine à côté de laquelle je passais, enfant, assis sur le siège de la Renault 5 de ma mère. Il me prend alors l'envie de mettre sur papier les histoires de cette « Terre de Fer ».
Tomek Heydinger
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