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Enfant, Paul Nizon a rêvé de fuir la maison, "cette poule de maison", un lieu d'où sont bannis "toute vie, toute liberté, tout imprévu" et où "les histoires au lieu de naître se trouvent étouffées". Adulte, il tente donc d'en exorciser le fantôme. Et se rappelle, au fil d'une écriture inquisitoriale et itérative, sept moments de la demeure familiale où sa mère tenait pension et où son père s'affairait dans un mystérieux laboratoire. En même temps, au tableau oppressant que compose cet agrégat de locataires qui "ne s'en sortiront jamais", prisonniers qu'ils sont de leurs mornes passions et de leurs intrigues sans envergure, Paul Nizon oppose sa conviction que c'est en s'embarquant sur le navire de l'imagination que l'homme accomplit le "deviens ce que tu es" de Nietzsche. Une histoire qui renoue avec l'inoubliable vertige de l'Année de l'amour.