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L’ouvrage prend pour objet d’étude la morale cartésienne, sur un double plan corrélatif. D’une part, il s’agit de se confronter au « problème de la morale chez Descartes », en déterminant de quel point de vue peut être repérée une théorie morale dans le corpus cartésien. D’autre part, on s’interroge sur les enseignements apportés par les contours d’une telle morale quant à la signification de « l’accord » que Descartes entend instituer entre sa philosophie et le christianisme. Dès lors, l’ouvrage avance une série de thèses sur ce double sujet. Tout d’abord, on soutient la possibilité de reconstituer une morale cartésienne définitive : la correspondance avec Élisabeth de Bohême et les Passions de l’âme sont perçues comme fournissant le socle de ce qu’on nomme une « morale du contentement », gravitant autour de deux axes que sont le souverain bien en cette vie, et les passions. En outre, il est montré de quelle façon le rapport de la philosophie cartésienne au christianisme se trouve éclairé par les principales composantes de la morale du contentement, que sont notamment : l’énonciation de quatre vérités qui, incluant la providence, sont indexées à l’accès au souverain bien ; la thématique de l’homme imago Dei, trouvant son actualisation dans le meilleur usage du libre arbitre ; et les rapports à soi-même et au prochain engagés dans la passion-vertu de générosité. Il apparaît alors que la morale du contentement cristallise un « investissement philosophique » du christianisme dans la mesure où c’est la philosophie qui confère une intelligibilité propre à ces éléments, placés à l’intersection de la raison et de la foi. In fine, ce sont le contentement, la générosité, et le christianisme qui se dégagent, au fil du propos, comme les points nodaux de la réflexion cartésienne sur la conduite de la vie.