De Louis XVI aux Ballets russes, quelles relations ont entretenu les modes de scène et celles de ville ? Riche d'une très belle iconographie qui ravira tous les amoureux de la mode et de son histoire, l'ouvrage de Catherine Join-Diéterle, pour la première fois, démontre l'influence prépondérante exercée par le théâtre sur la mode, même si, de temps à autre, les habits de ville ont aussi conquis la scène.
La migration des costumes de scène et de leurs motifs fut rarement directe, aussi chaque période a-t-elle imaginé des intermédiaires qui permettaient de tester les nouveautés. Le premier fut l'image : au XVIIIe siècle, ce fut le portrait, au XIXe les gravures. Second intermédiaire, le bal costumé, à son apogée sous la Restauration, offrant l'occasion d'expérimenter, par exemple, manches transparentes ou en gigot.
Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, la starisation de Sarah Bernhardt conduisit les femmes à adopter les modes que celle-ci avait lancées. Et peu après, la photographie conjointement avec la presse tint ce rôle de médiateur : les photographes mettaient en scène actrices et dames de la haute société, au bénéfice de la haute couture. Puis, avant la Grande Guerre, ce fut un couturier, Paul Poiret, qui grâce aux fêtes et aux bals persans développa cette fonction d'intermédiaire entre les Ballets russes et la haute couture, contribuant à modifier la mode. Il fut suivi par une nouvelle révolution : on osa afficher sur scène des tenues sportives d'abord prônées par Nijinski dans Jeux puis par Chanel dans Le Train bleu.
Au cours des années 1930, le cinéma hollywoodien s'établit rapidement comme un concurrent sérieux pour les modes de théâtre : les stars américaines devinrent les modèles à suivre, mais c'est un autre sujet...
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