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Le monde naturel, dont nous sommes partie prenante, comme le dit Jennifer Barber elle-même, cette nature que nous sommes, est omniprésente dans sa poésie. Sur la côte Est des États-Unis, en Irlande, en Espagne, elle est d'abord là, elle a partie liée au temps, elle en est le symptôme. Par conséquent cette proximité s'accompagne d'un mystère presque indicible : les métaphores employées, les tentatives légères, les hésitations, les suspens sont autant de tutoiements, de tangentes qui effleurent le gouffre pressenti du monde des choses, l'irréductible en-soi du minéral, du végétal et de l'animal. Or il existe un risque à tenter d'écrire son désir de connivence étroite avec le monde, et à constater son impuissance à le réaliser. Tout devient « vaine forme de la matière », et le sens disparaît. À l'instar d'un peintre qui s'éloigne mais qui est rattrapé par ses amis, Jennifer Barber se retourne vers l'autre, vers l'humain proche, tout aussi incompréhensible parfois, mais seul susceptible de rétablir une parole salvatrice. L'autre, qui est là, sauve le sens, malgré la mort.