La ville royale Ajatado (cf. volume 1) est née, vers le
XIIe siècle, de la rencontre entre des aborigènes, métallurgistes
du fer, et une dynastie venant de Djenné (Mali), ou
plus exactement de la cité subsaharienne de l'or dont les
fouilles archéologiques, dans les années 1970, ont identifié
les ruines à proximité de l'actuelle Djenné. Remontant à
l'ère pré-chrétienne, la cité de l'or portait, avant l'arrivée de
l'Islam au Xe siècle, un toponyme qu'Ajatado garde encore
de nos jours dans ses traditions orales, ce qui fournit une
clé d'interprétation des sources arabes méditerranéennes
qui font mention de ce nom de ville à partir de 891.
Mais Ajatado a aussi d'autres enracinements anciens que
Roberto Pazzi n'a pas explorés dans ces deux premiers
volumes, mis à part celui que les métallurgistes indigènes
avaient noué, depuis déjà le VIIIe siècle, avec un groupe
ethnique émigré, semble-t-il, de Nubie, héritier de la
célèbre dynastie de Méroé.
Entreprendre une confrontation approfondie de ces
sources anciennes et de la parenté linguistique qui unit
les immigrés de Méroé avec les peuples d'Ifè (Nigeria)
conduirait sans doute de jeunes chercheurs à éclairer
le cadre historique dont témoignent, muets, les repères
archéologiques de Djenné et les traditions orales d'Ifè,
ce qui apporterait à Ajatado la juste fierté d'avoir de si
importantes racines culturelles s'étendant du Nil jusqu'au
Sahara.
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