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Avec Dibbouk, Maud Rivière signe un roman intime et habité, où l’enquête familiale devient une traversée de la mémoire juive du XXᵉ siècle. Tout commence dans une chambre mortuaire : Emma veille le corps de son père, Sam, homme taiseux, converti au catholicisme, qui n’a jamais transmis à sa fille l’histoire de ses origines.Sa mort ouvre une brèche. L’arrivée de Judith, demi-sœur longtemps tenue à distance, fait surgir unpassé occulté : une famille juive, la guerre, la Shoah, un frère déporté disparu, un évènementmarquant en Algérie, puis une rupture brutale avec toute judéité. La découverte par Emma dujournal de Joseph, frère aîné de Sam, fait basculer le récit. À travers ses pages, on lit l’instaurationprogressive des mesures antisémites, l’exil, la peur et l’anéantissement. Maud Rivière construit un roman choral, alternant entre la voix d’Emma, celle du carnet et la présence symbolique du dibbouk de son père, figure issue de la tradition juive d’un esprit qui s’attache aux vivants. Cette dimension spirituelle, sans jamais verser dans le fantastique pur, donne au texte une profondeur singulière : les morts ne cessent de parler, tant qu’ils n’ont pas été entendus. Le lecteur se trouve entraîné aux côtés d’Emma, partageant son besoin de comprendre, son étonnement et sa quête de sens à travers l’histoire familiale et la mémoire juive.Un texte sensible et nécessaire sur la mémoire, la filiation et la possibilité de réparer.