«Éclats de vie», comme ces
nombreuses vies disséminées
aux quatre coins du monde dont
la genèse est l'«Exil». Exil des
uns, qui ne nous touche plus,
tellement c'est devenu courant.
Exil des autres que nous ne
connaîtrons sûrement jamais. Exil, qui arrache à la vie, aux repères,
aux racines, à la famille et aux amis, des milliers de personnes chaque
année, ne laissant à celui qui le vit que le souvenir d'une image, le
regret d'une période, le soupir d'un songe encore bien réel.
Des trajectoires si intensément remplies de bribes de mémoire, de
morceaux incertains qui envahissent par instants les individus, pour
les laisser là, las de ne pouvoir reconstruire le puzzle (parfois tragique)
de leurs vies.
Pourtant, Emma, Najmeh, Homa, le fait avec tendresse, simplicité
et douceur. Son ton n'est ni triste, ni grave. Il est. Possédée par un
passé onirique mais palpable, elle s'empare d'une anecdote, d'une
image sortie de nulle part, pour dessiner les contours d'une réalité, la
sienne.
À travers la voix d'une fillette, d'une adolescente puis d'une jeune
femme, ce sont des histoires ordinaires qu'elle partage. C'est aussi
l'histoire de bien d'autres personnes : celle d'une génération, celle
d'Iraniennes, celle d'exilées, celle d'individus oubliés, celle d'une
altérité si familière... c'est peut-être aussi la vôtre. Mais avant tout, ces
histoires plurielles font partie d'un ensemble plus large et plus global.
Chaque récit de vie, témoignage, lettre ou souvenir, contribue à écrire,
et récrire l'Histoire... Dans ces lieux de silence et d'images inventées,
ces nouvelles participent à la mémoire et nous donnent à entendre un
air d'ailleurs.
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