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Il y a exactement deux cents ans, Giacomo Leopardi (1798-1837) concevait le projet des Petites œuvres morales, un singulier ensemble de textes courts où l’on peut croiser nombre de personnages, comme Le Tasse et son démon, un gnome et son follet, la mode et la mort… On y retrouve toute l’obsession de Leopardi à scruter le néant de toute chose, cette volonté délibérée de représenter de manière vive la nullité des choses et faire sentir l’inévitable malheur de la vie, comme il l’écrit ailleurs, dans son Zibaldone. Parmi ces Petites œuvres, deux merveilles : Éloge des oiseaux et Chant du coq sauvage, où l’on s’étonne une nouvelle fois de découvrir ce lyrisme lumineux au service du pessimisme le plus sombre. Giacomo Leopardi lui-même l’avait constaté : Ma philosophie n’est pas du genre qui plaît à ce siècle. Reste à savoir s’il se peut qu’elle puisse plaire au nôtre.