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La France ne manque pas de châteaux Renaissance ni de prisons. Mais un château transformé en prison et asile de fous, il n’y en a qu’un : c’est Gaillon dans l’Eure. Initialement érigé en château fort, le castrum médiéval de Gaillon est métamorphosé par les archevêques de Rouen en un somptueux palais dédié à l’art et aux plaisirs. Cette période du XVIe siècle est son âge d’or. Après un déclin amorcé au siècle des Lumières, le château devient bien national sous la Révolution. Vendu, le bâtiment manque de peu de disparaître. Il est alors racheté par l’État et réapproprié pour faire fonction, durant plus d’un siècle (1816-1925), de maison centrale de détention et de correction. Marc Renneville, historien directeur de recherche au CNRS et directeur de la plateforme Criminocorpus, mène une véritable enquête et nous raconte la destinée contrastée et exceptionnelle de Gaillon. Des images contemporaines du château et des documents d’archives inédits donnent à voir les traces que des hommes, des femmes et des enfants, qui y ont tristement séjourné, ont laissées : un graffiti sur un mur, une mention gravée sur une porte en bois, une correspondance administrative, une chanson composée par un prisonnier… « Il paraît que ces murailles gardent bien leurs secrets », écrivait en 1910 un jeune détenu dans une lettre à ses parents. L’objet de ce livre inédit est d’en révéler quelques-uns.