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« Nous sommes partis du chaos et nous avons déchu », c’est par ce vers unique sur la page que cette Hélice commence son forage, qui va prendre corps vers après vers, page après page, tourner sur elle-même en s’élargissant, creuser sa pensée avant de se rétracter sous l’effet de la rotation pour finir comme elle avait commencé, en une succession de paroles brèves et acérées. Partir du chaos, prendre son essor, déchoir, trois mouvements du poème, trois mouvements de la vie humaine que le poète et dramaturge espagnol Fernando Renjifo entrelace – « faufile » comme on le dit joliment en couture – dans ce livre dont la beauté doit beaucoup à la force retenue, méditative, à un mélange de fables minimalistes et de fulgurances secrètes. Cette communication entre l’intime et le monde qui n’oublie jamais sa part de contradiction, cette tension constante entre réel et abstraction, entre mentalité et sentiment, entre « dette » et « espérance », irrigue le texte d’une mélancolie moins inquiète de la disparition personnelle que de la chute collective. L’espèce est en voie de disparition, à chaque échelle, intime depuis toujours, collective depuis peu. Une disparition qui au gré de visions puissantes coïncide avec le linge étendu qui disparaît à nos fenêtres ou aux chaises vides sur la lande, et médite sur l’effacement des noms, des objets, des animaux. Une disparition petite et quotidienne comme celle des soleils, presque heureuse de son insignifiance. Un regard archaïque se pose sur ces pages pleines d’absence, au fil d’une pensée qui s’articule de façon hélicoïdale, cherche à remonter à la source, à notre première matière selon une boucle ADN – nous sommes « matière et mouvement », faits « de hasard et de vide » dit Renjifo –, à la « cause première » de l’humanité, de sa divagation et de son détournement. L’espèce se trouve expulsée, au milieu d’un monde en décomposition, après avoir tourné le dos au chaos, à la confusion, au règne animal pour se retrouver entre les mains de l’ordre, des nombres et de la loi. Il reste malgré tout le désir, le désir humain qui persiste en ces « temps de jachère », et qui se laisse soulever par la « rage de la mer » et une certaine « odeur du monde ». Désir du centaure qui a aimé un humain, qui a touché la terre, désir des corps qui se sont baignés dans l’eau. Ou douceur de voir les enfants jouer sur le balcon, douceur encore de reposer la tête dans un rire. Accompagnant la rotation de l’hélice, il s’agit de retenir à soi désir et douceur même quand « le monde va au délire » et que « les animaux ont fui ».