Avec l'ère industrielle, des pollutions d'une nature nouvelle et d'une ampleur sans précédent
font leur apparition : gaz acides, dioxyde de carbone et métaux lourds relâchés
dans l'atmosphère par centaines de tonnes, pollution généralisée des rivières alimentant
les villes en eau... Comment les contemporains perçoivent-ils et réagissent-ils à
ces «nuisances» que l'on n'appelle pas encore «pollution» ? C'est la question à laquelle
Geneviève Massard-Guilbaud répond dans ce livre.
La législation de 1810 sur les établissements polluants, adoptée sous la pression des
plus grands industriels du pays et pionnière en son genre dans le monde industrialisé,
ne cherche pas à protéger la santé publique ni un environnement qui n'est pas encore
pensé mais, tout au contraire, à protéger l'activité industrielle en régulant les relations
entre propriété industrielle et propriété foncière ou immobilière. Retirant à la justice
civile le droit de fermer les entreprises polluantes, elle place celles-ci sous la protection
de la justice administrative. Cette législation sert de fil conducteur à cet ouvrage, qui
montre comment elle est mise en oeuvre sur le terrain pendant plus d'un siècle.
À la croisée de l'histoire politique, sociale, industrielle et urbaine, l'ouvrage montre le
poids considérable des ingénieurs de l'État face à des spécialistes d'hygiène publique
relégués aux seconds rôles, la force du credo dans le progrès technique et la difficulté,
pour les populations, à imposer un droit à la santé publique face à un industrialisme
omniprésent.
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