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Celle qui signa du prénom de Laure les écrits réunis dans le présent volume était Colette Peignot, née en 1903, dans une famille nantie et catholique avec laquelle elle rompra violemment pour mener une vie d’une intensité rare et devenir, durant quelques années, jusqu’à sa mort en 1938 , la compagne de Georges Bataille. De celle-ci beaucoup fut dit, écrit, mais peut-être seuls ces mots de Michel Leiris et Georges Bataille à son égard en donnent une image des plus justes : Est-il besoin d’ajouter qu’on ne saurait réduire à quelque image définie que ce soit l’une des existences les plus véhémentes, les plus traversées de conflits qui aient été vécues ? Avide de tendresse et avide de désastres, oscillant entre l’audace extrême et la plus affreuse angoisse, aussi inconcevable à la mesure des êtres réels qu’un être de légende, elle se déchirait aux ronces dont elle s’entourait jusqu’à n’être qu’une plaie, sans jamais se laisser enfermer par rien ni par personne.