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La psychanalyse semble aujourd’hui être passée corps et biens dans le camp de la réaction. Outre les sorties médiatiques contre les bandes de jeunes qui ne reconnaissent plus d’autorité, le « féminisme différenciateur » ou encore une « épidémie de transgenres », c’est l’histoire révolutionnaire qui est dénigrée : mai 1968, qualifié de « régression annale », et la Révolution française réduite à une simple affaire œdipienne. Contre cette entreprise de réification, qui touche la discipline psychanalytique elle- même, ce livre entend redonner leur place aux acteurs et actrices de l’histoire populaire de la psychanalyse qui ont soutenu et accompagné les mouvements révolutionnaires de leur temps en cherchant à mettre la clinique au cœur de la cité. On y découvre un Freud enthousiaste à l’annonce de la révolution de 1917, qui encou- rage les expériences menées par Vera Schmidt et d’autres dans la Russie bolchevique. On suit la trajectoire de Marie Langer, de la Vienne rouge à l’Argentine, qui tente de concilier son engage- ment féministe et marxiste avec sa pratique analytique et les contraintes de l’exil... Et celle de François Tosquelles, de la guerre d’Espagne à l’hôpital de Saint-Alban où sa rencontre avec Jean Oury symbolise celle de deux générations : les analystes des années 1920-30 et ceux des années 1960 qui, en France, se retrouvent au sein de la clinique de La Borde.