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Idées de la nuit poursuit, dans sa forme quasi nietzschéenne, faite de courts chapitres qui sont autant de poèmes en prose, le chemin ouvert par Traité des sirènes, paru il y a deux ans au Bruit du temps. Mais, si la musique n’est pas absente du présent livre, avec des chapitres comme « Le chant dehors », ou « La cigale », la réflexion porte ici, de manière plus générale, sur la poésie, le fait poétique de la lumière : comment cette « autre clarté » qui, chez Hölderlin est donnée au poète mais qui, pour Philippe Beck semble dans le tunnel de l’époque sans cesse rejetée, et devant donc être tout aussi inlassablement cherchée, gagnée sur l’obscurité. Tout le livre peut apparaître comme une suite de variations sur ce thème des relations du clair et de l’obscur, de la poésie et de la nuit ; en même temps qu’il propose une sorte de panorama de ce thème poético-philosophique, de Platon (« La fin de la caverne ») aux romantiques (« Le goût pour la nuit, une bizarrerie ») et jusqu’à Mandelstam (« Projet de suppression de la lune »). Mais il y a surtout, dans ces pages, une tentative de créer une sorte de nouvelle cosmogonie, une « phénoménologie spéculative frottée de réel », pour reprendre les mots que lui-même utilise pour définir l’œuvre de Merleau-Ponty. Et cela afin de décrire de manière absolument inédite le monde, l’homme, l’origine de la pensée, en n’hésitant pas à convoquer les « tournoiements intuitifs » de l’étonnant Jean-Pierre Brisset (dont on doit la redécouverte à l’Anthologie de l’humour noir d’André Breton). Philippe Beck affirme ici une fois de plus son refus de la nuit pure de l’idéalisme platonicien, sa volonté de décrire notre condition d’hommes reliés par les paroles et les pensées, et plaide pour le poète chercheur qui fait danser les idées ou joue le rôle de l’éclaireur, sachant que ce monde-ci détient tous les secrets qu’il exprime. L’homme-balai, le deuxième livre de ce recueil est comme une mise en application pratique de cette ambition proclamée. Dans ce Journal de « non confinement » (parce qu’il ne s’agit en rien d’un journal intime mais de paroles non-cloisonnées, toujours adressées à un autre que soi) tenu quotidiennement en 2020, Philippe Beck tente de comprendre le sens de l’expérience que fut ce « moment de césure évidente » et de contrainte sédentaire. Il analyse en philosophe et en poète les éléments qui ont été le propre de ces journées — les applaudissements aux soignants (« La parole des mains »), le masque (« La rareté masquée »), etc. Un tel regard, sans cesse nourri de citations merveilleusement appropriées, se révèle particulièrement réjouissant et éclairant lorsque, au cœur du livre, Beck pousse à son terme l’idée de Swift voyant dans ses contemporains affublés de perruque des hommes-balais et montre que l’homme pollueur d’aujourd’hui, soulevant lui-même une poussière qu’il peine à effacer, est en réalité à l’inverse du sympathique balai « rendant propre en étant sale lui-même et aidant à nourrir le feu ». Ou lorsque, moderne La Fontaine, il convoque pour décrire le monde dans lequel nous vivons « des animaux respectés et réels (non idéalisés), exactement comme aux fables ». Philippe Beck, tout au long de ces pages, ne cesse de mobiliser une armée de métaphores, seules armes selon lui capables de former « une santé, une force de découpe dans les douleurs, pour aider à montrer les yeux différents qui regardent des choses prochaines ». En réponse aux « extrêmophiles », il ose opposer la bonté profonde du poète qui « crée de nouvelles images actives ».