Il est question d'une obsession : l'obsession du contrôle. Comment, après s'être astreint, avec un succès mitigé, à contrôler sa vie, contrôler, autant que faire se peut, sa fin de vie (puisqu'il faudra bien en passer par là) ? Comment se retirer dignement de l'existence, de son propre fait, à ses propres conditions, en évitant tout ce qui pourrait apparenter ce retrait à un meurtre de soi, communément appelé suicide ? Comment ne se soumettre, pour un ultime arbitrage, qu'à la loi de la Raison en tenant à distance respectable les émotions négatives (chagrins, colère, remords, découragement) toujours prêtes à vous submerger, sans pour autant céder à la forte tentation de vivre (ce ne sont pas les envies et les prétextes qui manquent), lors même que tout (vraiment tout ? that ist the question) donne à penser qu'on a fait son temps ? Comment mettre en balance ses potentialités et ses défaillances, ses douleurs et ses attentes ? Comment résoudre le dilemme : je ne peux mettre moi-même un terme à mes fonctions qu'à condition de ne pas attendre d'être déjà totalement HS ?
Cet ouvrage ne prétend nullement apporter une réponse définitive, encore moins universelle, à ces interrogations. Il est plutôt à prendre comme le relevé de conclusions d'une existence parmi d'autres, un cadrage de ce qui pourrait être la reconnaissance d'un droit de retrait, témoignage d'experts reconnus à l'appui. Tout au plus suggère-t-il des méthodes (organiser son procès, appeler ses diverses personnalités à débattre en assemblée générale d'un avenir commun, fût-il la mort...) pour dégager des pistes de réflexion sur la toujours perfectible maîtrise de soi.
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