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Pour la première fois, un coup de projecteur met en lumière le rôle primordial des mères de nos présidents de la République. Du général de Gaulle à Emmanuel Macron, entrez dans l'intimité et l'enfance des chefs de l'État de la V e République. À défaut d'être identiques, les parcours des huit présidents de la Ve République ont un point commun. Ils aimaient follement leurs mères. " J'adorais ma mère comme elle m'adorait " soupire Jacques Chirac dans ses Mémoires. " Ma mère était mon recours et ma défense. Je l'adorais. Elle avait au surplus une grande force de caractère " répète en écho Georges Pompidou élevé de 3 ans à 8 ans par Marie Pompidou dont le mari est à la guerre. Quant à François Hollande, il avoue que son seul regret est d'avoir vu mourir sa mère avant son élection à l'Élysée. Elle était sa plus fidèle supportrice ! Pour la première fois, un coup de projecteur met en lumière le rôle primordial que ces femmes, d'origine souvent modeste, ont joué, à l'âge le plus important, celui de la formation et des premières ambitions d'adolescence. Que serait Charles de Gaulle sans Jeanne Maillot et sa passion pour la France ! François Mitterrand sans la piété héroïque de Maman Yvonne et son dévouement au service des miséreux ! Valéry Giscard d'Estaing aurait-il été élu président de la République et même député sans le tendre soutien de May Bardoux, elle-même passionnée de politique ! C'est de Nicole Hollande, assistante sociale, que François tient sa " conscience sociale ", non de son père, Georges, candidat à deux reprises sur une liste municipale d'extrême droite. Mais plus insupportable encore : " Il traitait mal ma mère " dit-il. Comme lui, la majorité des présidents, y compris Emmanuel Macron, élevé par une grand-mère, directrice d'école exemplaire dont Brigitte a pris la suite, se sont construits face à un père autoritaire. Nicolas Sarkozy a refusé de voir son père publicitaire quand celui-ci s'est remarié pour la quatrième fois. Avec la courageuse Dadu Sarkozy qui élevait seule ses trois fils, s'est au contraire, tissé un tel lien d'amour que chaque soir le petit Nicolas attendait avec angoisse son retour, assis en haut de l'escalier : " La seule idée de la disparition de ma mère me terrifiait. Je m'imaginais même cessant de respirer à cette seule perspective. " L'époque pourtant n'était pas à la tendresse mais à une exigence sévère et d'ailleurs plutôt rassurante : loin de l'image caricaturale de politiciens accrochés à leurs privilèges, nos chefs d'État, doués d'une intelligence exceptionnelle, sont aussi des travailleurs acharnés dont la rage de vaincre s'ancre dans un amour profond de la France, de sa gloire, de ses idéaux de fraternité, voire d'égalité transmise au sein de familles nombreuses et relayés, autrefois, dans les campagnes, par des générations d'instituteurs républicains. Il est arrivé à Marie Pompidou, professeur des Écoles de gifler son fils qui ne se mettait pas assez vite à sa version latine. Yvonne Mitterrand avait aussi la main leste pour corriger une mauvaise manière. Et François n'a jamais été embrassé par la mère qu'il a perdue à 19 ans. Sur les huit mères de président de la République, seules trois d'entre elles – May Giscard d'Estaing, Dadu Sarkozy et Françoise Noguès-Macron – ont vu leur fils entrer à l'Élysée. Une seule chose est sûre : plus encore qu'un échec aux élections, c'est à la mort de leur mère qu'on voit ces hommes de pouvoir éclater en sanglots.