Matière et mémoire s'ouvre sur une notion passablement
énigmatique : celle d'image. Bergson déclare que ce qui nous
apparaît d'emblée lorsque nous ouvrons les yeux, c'est un ensemble
d'images. Pourquoi ce terme s'impose-t-il ici à l'auteur, avec toutes
les ambiguïtés qu'il pourrait receler ? En quoi n'est-il pas réductible
à une simple représentation dans l'esprit, comme c'était pourtant le
cas dans la tradition philosophique jusqu'alors ? Le but du présent
travail est d'interroger le sens et la portée de cette notion d'image,
afin de mettre en lumière le renversement qu'elle établit dans la
compréhension du dualisme bergsonien entre l'esprit et la matière.
En épousant le fil conducteur de cette notion, il se demande quelle
est la pertinence des critiques phénoménologiques adressées à
Bergson, puis revient sur le statut de la mémoire, pour montrer en
quoi, finalement, l'esprit humain et la matière doivent être repensés
à partir de l'image, mais une image déployée dans le temps, une
image qui dure.
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