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Soulever la question de la religion en prison en France, c’est immédiatement évoquer la surreprésentation supposée des musulmans, ainsi que leur non moins supposée dangerosité potentielle. La cause semble entendue : la prison est le creuset de la radicalisation. Les antécédents judiciaires des auteurs des massacres commis au nom de l’islam en France depuis 2012 ont très largement alimenté cette thèse. Bien que les trajectoires de radicalisation ne passent pas nécessairement par la prison, le débat public laisse penser que les prisons sont devenues des « universités du jihad ». L’incarcération de plus de 500 personnes pour faits de terrorisme islamiste depuis 2014 et les agressions de surveillants par des détenus radicalisés n’ont fait qu’amplifier ce climat d’anxiété générale. Quel que soit le traumatisme provoqué par le terrorisme, la peur est mauvaise conseillère. Car c’est bien le spectre du terrorisme qui, des années 1990 aux années 2000, a fait émerger l’idée que l’islam est la première religion carcérale et surgir les décomptes à la rigueur douteuse des musulmans incarcérés. C’est encore elle qui a été le moteur de l’organisation d’une offre institutionnalisée d’islam, livré jusqu’au début de ce siècle à l’attentisme et aux traitements discrétionnaires des acteurs de terrain. La logique sécuritaire de ce que l’administration pénitentiaire qualifie significativement de « politique de rattrapage » brouille les effets positifs de ce qui aurait pu être une véritable reconnaissance de la légitimité de la pratique de l’islam en prison. Elle perturbe l’action des aumôniers musulmans, trop ostensiblement mobilisés comme un outil de contrôle des conduites religieuses. La politique de lutte contre la radicalisation mise en œuvre à partir de 2015 n’a fait qu’amplifier cette confusion propice à la stigmatisation et au développement de la paranoïa collective. Cet ouvrage ne se contente pas de pointer les effets pervers de la politique carcérale concernant l’islam telle qu’elle s’est mise en place depuis les années 2000. Il interroge aussi la manière dont l’univers carcéral conditionne la pratique religieuse. Si la prison produit une intensification du rapport au religieux, c’est peut-être que celui-ci s’offre comme une ressource pour affronter l’épreuve carcérale. À travers cette intensification, dont on montrera qu’elle peut se faire pour le pire comme pour le meilleur, se lit aussi la faillite de notre prison qui n’a de républicaine que le nom. La question de la radicalisation, qui aurait pu être l’occasion de réfléchir à notre vision de la peine, est une nouvelle illustration de l’abandon de l’ambition resocialisatrice de la prison au profit de ses seules fonctions d’expiation et de neutralisation.