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Un poète traverse un siècle ; un siècle traverse un poète : sans cette osmose, une oeuvre serait peu crédible. Alain Bosquet ajoute : "Il faut que le poème écrive son poète." Il refuse de dissocier l'absurde de l'absolu, et la fable du réel. Ses interrogations, il les atténue par l'ironie et l'élégance de son langage. "Ambassadeur de la rosée auprès des cigognes brûlantes", il nous interpelle : "Et la vie intérieure de la mouche, y songes-tu, y songes-tu ?", ce qui met en émoi un grand nombre de nos habitudes philosophiques. Se redéfinir ou se réinventer consiste aussi à faire dire à Dieu : "Je suis triste car je suis né adulte." Un poète jubilatoire et inquiet, qui ne cesse de se renouveler...