Je suis... Rosa Luxemburg
J'étais, je suis, je serai !
J'aurais pu me contenter de rêver d'un monde meilleur. J'aurais pu fuir celui que l'on me préparait en choisissant l'exil. Mais jamais je n'ai voulu rester dans le rêve, même si j'ai eu aussi ce rêve de voir l'humanité se réconcilier avec elle-même. Les hommes sont souvent très lâches et se fabriquent des rêves qui deviennent immanquablement des cauchemars. J'ai voulu les réveiller, mais ils n'ont pas aimé qu'une femme vienne leur donner des leçons. Ils me l'ont fait payer très cher. Je me suis battue jusqu'au bout, en enseignant, en prenant la parole dans les réunions publiques ou tout simplement en écrivant. Surtout des lettres.
Et des lettres, j'en ai écrit beaucoup, particulièrement pendant toutes ces années de prison. Certaines se sont perdues, d'autres ont été publiées, et puis il y a celles que Bluma Finkelstein a écrites à ma place. C'était un excellent moyen de faire mon portrait. C'est vrai, ces lettres, j'aurais aussi bien pu les avoir écrites, parce que mes idées, mes lignes de force et mes aspirations y sont fidèlement inscrites. Oui, moi, Rosa Luxemburg, je les revendique comme miennes, et j'espère que leur contenu sera utile aux idéalistes de votre siècle pour qu'ils ne baissent jamais les bras dans leur combat contre l'injustice, contre la tyrannie, contre la haine, contre l'ignorance et contre les forces aveugles qui en naissent.
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