Inculte et illettré, retranché du monde, étranger à la
création artistique homologuée, Josef Hofer a trouvé
intérieurement des capacités créatrices archaïques
insoupçonnées. Ses lourds dysfonctionnements mentaux
et physiques lui ont paradoxalement ouvert de nouveaux
territoires d'exploration, favorisant l'émergence d'une
créativité particulièrement explosive.
Michel Thévoz, historien de l'art, explore l'oeuvre de
Josef Hofer et nous livre une analyse de grande amplitude,
considérant chacune des caractéristiques de cette
production d'Art Brut. Il étudie également différents
aspects de l'histoire du miroir, développant tour à tour
des concepts qui lui sont intrinsèquement liés - l'image,
le reflet et le double, l'illusion et la réalité, l'identité et
l'altérité. Il affirme l'importance du miroir chez Hofer,
et précise qu'«à vouloir rejoindre l'objet de son désir,
Narcisse se noie, tandis que Hofer [...] vit l'expérience
spéculaire comme une sorte de naissance».
L'essai de Thévoz est suivi du regard du neuroscientifique
Olaf Blanke, spécialisé dans l'autoperception
corporelle et la conscience de soi. Le médecin, qui considère
le miroir comme un objet de connaissance, soutient
que «c'est peut-être en se regardant de l'extérieur que
[Hofer] a commencé à se dessiner de l'intérieur».
Lucienne Peiry
Directrice de la recherche et des relations internationales
Collection de l'Art Brut, Lausanne
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