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J'ai connu le maréchal Juin à Rabat en juillet 1947 alors que, général d'armée, il était Résident général au Maroc depuis quelques mois. J'avais treize ans. Mon père faisait partie de son cabinet militaire.
La fortune croisera de nouveau ma route quelques années plus tard lorsque, préparant le concours de Saint Cyr, j'habiterai chez eux à Paris, 26 avenue Kléber, de septembre 1953 à juin 1955. Son «bureau» jouxtait ma chambre. Il venait me voir de temps en temps, sous le prétexte de calmer mes futures ardeurs au combat de jeune lieutenant, heureux de commenter ses souvenirs de jeune officier commandant une compagnie de Tirailleurs au feu, de m'expliquer, cartes à l'appui, la campagne de Tunisie et la campagne d'Italie.
Pour ces raisons, j'ai le devoir de témoigner de la vie du dernier maréchal de France dont De Gaulle, camarade de promotion, a dit : «Tu as bien servi la France».