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En décembre 1908, le peintre Émile Bernard a quarante ans et se trouve dans une étrange situation. Il a été très jeune un peintre novateur, a travaillé aux côtés d’amis de la trempe de Gauguin et Van Gogh. Plusieurs de ses amis sont morts prématurément ; profondément déçu, il est parti vers l’Italie, la Grèce, la Turquie, l’Égypte où il s’est installé et marié, l’Espagne. Pourquoi, en cette fin d’année 1908, confie-t-il au Mercure de France un article sur le père Tanguy, le marchand de couleurs de la rue Clauzel à Paris, alors que plus personne ne se soucie de cette figure oubliée, décédée voici quatorze ans ? Très probablement pour s’acquitter d’une dette morale. Tanguy lui avait fait confiance et l’avait aidé lorsqu’il avait eu à affronter l’hostilité de son père quand il avait décidé de devenir peintre. Lorsque Tanguy meurt en février 1894, Émile Bernard est au Caire. Dans une étonnante lettre à sa mère, le 15 février, il confie qu’il a eu deux pères : son père naturel et Tanguy. « Remercie bien Père de tout ce qu’il m’a témoigné d’affection en se montrant si bon envers Tanguy. Mais sache une chose. C’est que Tanguy l’ayant parfois remplacé, me l’a fait aimer en développant en moi l’amour. Maintenant que voilà dix ans que je peins, je puis dire que voilà dix ans que j’ai eu deux pères. » Il confie à la même époque à son ami Andries Bonger : « Sans Tanguy, que serais-je devenu il y a dix ans lorsque je me trouvais vis-à-vis de mon père furieux contre moi, contre mon désir d’art et l’impuissance de ma mère à m’aider en ce désir. J’étais sans couleurs, sans argent, souvent même sans avoir à manger lorsque j’allais à Paris voir les chefs-d’œuvre du Louvre. […] Tanguy s’est trouvé sur mon chemin et c’est grâce à lui que cette carrière s’est ouverte pour moi sans épines. Plus, il fit même ma première éducation : les Cézanne me furent montrés et expliqués par lui. […] Ainsi ma vocation s’éveilla, plus vivace, plus ferme, plus sûre d’elle-même sans un doute, mais vinrent les heures découragées et c’est alors que la bonté et la résignation de ce presque père me furent utiles à voir. Lui, privé de tout, n’ayant même pas seulement une tranche de pain, donnait, espérait, aimait. » Cet ouvrage est donc une sorte d’hommage filial et le surnom populaire de « Père Tanguy » sous lequel Julien Tanguy est entré dans l’histoire avait pour Émile Bernard une résonnance toute particulière.