L’étude de Cécile Sakai est centrée sur la notion d’ambigüité qui domine l’œuvre de Kawabata et caractérise son univers, au modèle de sa vie dont la biographie recèle de nombreuses obscurités.
Avec un texte inédit de Kawabata.
Prix Nobel de littérature en 1968, Kawabata Yasunari (1899-1972) est l’un des écrivains majeurs du Japon, et l’un des plus traduits en langues occidentales. Pays de neige, Le Grondement de la montagne, Les Belles Endormies, font partie du patrimoine littéraire universel.
Pourtant, l’œuvre demeure méconnue par bien des aspects : loin d’être l’icône d’un esthétisme exotique, elle se lit comme une série d’énigmes marquées par l’ellipse, l’équivoque et le paradoxe, offrant ses lacunes et ses variantes à l’interprétation du lecteur. À partir d’une nouvelle utilisation des codes poétiques qui fondent la littérature classique, c’est une écriture intentionnellement ambigüe qui se déploie ici. Cécile Sakai analyse ce qui constitue un véritable système de l’ambiguïté, en traitant de l’ensemble d’une œuvre considérable, composée de quatre cent trente-neuf romans et nouvelles, sans compter la masse volumineuse des essais, chroniques, journaux et correspondances – œuvre élaborée tout au long de cinq décennies, au cœur du XXe siècle.
Cette étude permet de mieux comprendre pourquoi Kawabata, le clair-obscur, contemporain de Borges et de Joyce, est essentiellement un moderne et un expérimentateur, qui s’est attaché à repousser toujours davantage les frontières tracées par les conventions. C’est aussi ce qu’éclaire un essai inédit, Note sur les nouvelles tendances des écrivains (1925), manifeste du modernisme, dont la traduction clôt cette étude.
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