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Le fracas de la barbarie peut-il faire taire la psychanalyse et museler à la fois le psychanalyste et son patient ? Malgré les attentats, malgré les bombes qui obligent à l’interruption des séances et le recours aux abris, les psychanalystes israéliens continuent leur travail auprès de leurs patients névrosés, déprimés mais surtout traumatisés par la situation de guerre. Comment l’être humain peut-il faire face à l’irruption d’une réalité dont la violence dépasse les vicissitudes ordinaires de la vie ? Comment continuer à vivre et à penser face à la barbarie, celle du mal absolu, celle de la Shoah ou du 7 octobre 2023 ? Le mal oblige à un investissement de la réalité extérieure, sorte de « piège narcissique » qui installe une « défense par la réalité » arrêtant toute évolution. La douleur peut devenir le foyer du fonctionnement psychique : je souffre donc je suis. Il faut rétablir le mouvement, ouvrir le passage au processus analytique, rétablir la valeur économique du fantasme. L’auteur nous conduit dans les arcanes de ce travail nécessaire pour approcher l’effroi, l’hypocondrie, le mensonge et les états traumatiques... Il met en évidence l’importance du recours aux créations culturelles films, textes littéraires — terrain commun au patient et au psychanalyste —, dont la mise en jeu a une valeur antitraumatique, comme celle des mythes qui ont inspiré Freud. La psychanalyse dont la civilisation — la culture —, a permis l’apparition est à l’opposé de toute barbarie.