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Poétique de l'atelier d'écriture, «La Classe vive» nous fait entrer de plain-pied dans la fabrique du texte. Disciple de Roland Dubillard, Charlotte Escamez a invité son public à écrire dans les écoles, les classes relais et les bibliothèques.
Contrepoint lumineux à «La Classe morte» de Tadeusz Kantor, «La Classe vive» propose des exemples concrets d'exercices à mener. Elle rend compte de souvenirs d'ateliers, sans prétendre dicter de formules toutes faites. Elle nous apprend à jouer avec les classiques - sans lesquels aucun texte substantiel ne peut être produit - en même temps qu'elle les respecte au plus haut point.
« La Classe vive» nous parle aussi de l'école et des rapports (parfois problématiques) qui existent entre maître et disciple, artiste invité et professeur. Radiographie du territoire, cet essai nous apprend qu'on n'enseigne pas les mots dans un quartier difficile comme en centre-ville. Ainsi, l'auteur amorce-t-il une réflexion cruciale sur la répartition du langage et d'un lexique en fonction d'un lieu, de même qu'il nous met en garde contre les ghettos de nature linguistique.
L'atelier et ses propositions humanistes s'adressent au plus grand nombre. Partisane d'un élitisme pour tous, Charlotte Escamez nous suggère que, s'il existe des "poètes de sept ans", la grâce d'écrire et son éclat épiphanique peuvent concerner chacun d'entre nous, dès lors que nous confions aux mots le merveilleux pouvoir de «nous dire.»