Dans un monde de plus en plus marqué par diverses constellations de
coopération à géométrie variable, les aires linguistiques représentent
une voie intéressante permettant d'augmenter la visibilité de leurs
membres sur le plan international. La Communauté des Pays de Langue
portugaise (CPLP) s'inscrit dans cette voie, ses objectifs proclamés
étant la concertation politico-diplomatique, notamment dans
les forums internationaux, la coopération dans plusieurs domaines,
sans oublier la promotion et la diffusion de la langue portugaise. La
langue et l'histoire que les Pays sont supposés avoir en commun apparaissent
comme le fil rouge qui justifierait la raison d'être de cette
organisation internationale.
Cette étude s'intéresse aux stratégies locales, notamment liées à la langue,
qui nous permettront de valider ou d'invalider la pertinence du
critère linguistique comme fondement d'un espace international de
coopération. Notre argument est que le crédo politique qui a trait à la
promotion de la diversité linguistique au niveau international est
susceptible de se transformer en véritable acte de coopération seulement
si cette diversité est reconnue à l'intérieur d'un tel espace. Un
dialogue interculturel semble, dès lors, être le fondement de la coopération
qui se base sur la langue. Les connaissances et les utilisations
qui sont attachées à la langue ne peuvent, cependant, ne pas être détachées
de l'histoire, ce qui représente un potentiel de conflictualité
interne de la CPLP. Paradoxalement c'est à travers la langue même
que la lusophonie est en question.
Cette étude ouvre une lecture critique sur la coopération qui se base
sur la langue et propose en même temps des pistes concrètes pour augmenter
l'efficacité de la CPLP.
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