Les constitutions ont bonne presse. Identifiées comme des marques de progrès, elles nourrissent depuis leur apparition les imaginaires politiques des peuples aspirant à la l’émancipation. L’histoire du constitutionnalisme est pourtant bien loin du récit que l’on en fait communément. Concrètement, les textes constitutionnels n’ont jamais eu les vertus qu’on leur prête, si bien que s’il fallait les identifier à un genre, ce serait celui de la fable. Impuissantes à faire advenir les idéaux qu’ils proclament, ces écritures brillent surtout par leur ineffectivité. Incapables de limiter le pouvoir des intérêts constitués, elles ont avant tout servi de paravent au recul de l’état de droit et des libertés, contribuant à l’affirmation d’une rationalité économique indifférente au sort des populations.
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