A la fin de 1958 les réserves en or et en devises étaient tombées
au-dessous de 400 millions de dollars : un an plus tard elles étaient
montées à près de 2 milliards et elles atteindront 6 milliards de
dollars en 1966, dont les 4/5èmes en or. A la fin de 1980, le
deutschmark qui valait un franc en 1958 en vaut 2,4 ; l'inflation est
à 14 % en taux annuel ; un dépôt de 10 000 francs fait en 1974 sur
le livret A ne vaut plus que 7 430 francs à la fin de 1980. Entre ces
deux dates vingt-trois ans de pouvoir ininterrompu des droites et
c'est la droite traditionnelle, celle des modérés, qui a fini par
imposer sa loi : «Le jour où nous sommes entrés dans la majorité
ce n'est pas pour en sortir mais pour succéder au Général de
Gaulle», disait leur chef de file.
Pour y parvenir il fallait démolir ; l'entreprise de démolition a
commencé dès 1959 lorsqu'Antoine Pinay explique à Eisenhower
qu'il faut «rester ferme» face à la position du Général de Gaulle
sur l'OTAN. Jusqu'en 1969 les modérés ont miné le pouvoir
gaulliste, prudemment d'abord puis ouvertement à partir de 1966,
et finalement poussé le Général à la retraite. L'économie et les
finances de la France onf fait les frais de cette conquète du pouvoir.
La vieille droite a pris peu à peu tous les pouvoirs : elle s'est nourrie
de l'inflation, éphémère tranquillisant, a cultivé la croissance
douce, synonyme de stagnation, a ignoré la dégradation du climat
social, et s'est ralliée définitivement à l'atlantisme, programmant
ainsi son échec de 1981.
Après son livre sur la période 1981-2000, Le miracle socialiste,
Georges Dumas analyse la longue gestion de la droite de 1958 à 1981.
Professionnellement au coeur de la vie économique, élu local, maître de
conférence à l'Institut Politique de Paris, il est un témoin privilégié des
événements et des politiques de cette période.
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