Comme des jumelles que l'on ajuste, ajuster la raison et l'émotion invite à repenser le droit et la justice.
Pendant longtemps, les magistrats ont été appelés à juger " à froid ", en bannissant leurs émotions, comme celle des prétoires. Mais en période d'incertitudes systémiques : politiques, climatiques, technologiques ou même sociétales, il devient important de surmonter la méfiance dans l'institution judiciaire.
Alors que les citoyens ont peur d'aller devant la justice, il convient pour cette dernière d'éviter les deux écueils des émotions : les réprimer ou les manipuler, au risque d'isoler les juges. Or, si ces derniers sont enjoints de " gérer " leurs émotions individuelles, les publiques sont collectives et donc objectivables. Il s'agit aussi d'intégrer l'IA comme outil et non comme nouvelle source de déstabilisation.
Emmanuel Jeuland est professeur de droit à l'École de droit de la Sorbonne (Université Paris I Panthéon-Sorbonne) ;
il est un des fondateurs et animateurs de L'Ouvroir de droit potentiel (Oudropo).
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