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Août 1918: les Allemands refluent enfin. Ils avaient pourtant franchi la Marne et menacé Paris ! Mais, en butte aux attaques alliées qui s'enchaînent, les soldats du Kaiser sont démoralisés. Ludendorff lui-même accuse le coup. Ses troupes n'y croient plus et la discipline en pâtit. Face à l'ennemi, Foch dispose d'une arme imparable: des centaines de chars Renault équipés de radios encadrent à présent sa force internationale, que viennent régulièrement grossir de nouveaux contingents américains. Les jazzmen de Harlem ont dû ranger leurs saxophones: sur les routes boueuses de l'Argonne, ils charrient des pierres pour faciliter le passage de l'artillerie. Hélas, la guerre n'est pas seule à être mondiale: une foudroyante épidémie de grippe espagnole se propage, non seulement sur l'Ancien Continent mais aussi aux États-Unis. À Londres, les grands magasins sont obligés de fermer faute de personnel; à Washington, les croque-morts s'enrichissent; en Allemagne et en Espagne, premiers foyers de la maladie, on dissimule au mieux les morts de peur d'inquiéter les vivants. Et la France n'est pas épargnée... Mary l'infirmière, plus anxieuse que jamais, cherche son mari le long du front. Elle se rend jusqu'en Lorraine au risque d'être contaminée, et gare à ceux qui tentent de l'en dissuader. C'est sur le champ de bataille que les filles de mon âge vont chercher leurs hommes, clame-t-elle sans ciller. Son courage n'a rien à envier à celui de jules, dont les coups d'éclat lui valent le surnom de caporal Tempête . Cet insatiable désir d'action cache mal la peur et les chagrins. Il y a trop longtemps que la guerre n'en finit pas. Bruges est libérée, les carillons de fonte cachés à l'ennemi ont retrouvé leurs clochers, et la population l'espoir, mais quel espoir ressuscite les morts. Et les vastes mouvements de troupe, les plans d'attaque à l'aube, les stratégies faramineuses ne font pas oublier à l'écrivain Pierre Miquel que la victoire se paie en larmes de sang.