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Ce livre s'inscrit contre la vision de la Révolution aujourd'hui dominante, pour laquelle après 1789-1790 -la « bonne » Révolution, celle de Sieyès, de Condorcet- ce ne sont plus que flots de sang, massacres affreux, détournements coupables d'une belle idée par les « terroristes », Robespierre, Marat et consorts. Dans cette vision, la Révolution devient « la matrice des totalitarismes », comme l'a soutenu François Furet. Partant de la réception particulièrement favorable du film de Rohmer, « L'Anglaise et le duc », où la Révolution est vue par les yeux de Grace Elliot, ancienne amante du duc d'Orléans, Sophie Wahnich s'interroge sur les raisons de ce « nouveau dégoût ». Pour elle, « il n'est séparable ni du parallèle construit avec l'histoire des catastrophes politiques du XX e siècle, ni de l'idéalisation du modèle démocratique actuel... La Révolution est devenue l'Autre de la démocratie ». La violence est la raison essentielle de ce « dégoût » qui fait de la Révolution « un événement insupportable qui blesse la sensibilité ordinaire actuelle en offrant l'archétype d'une violence infligée et assumée sur le corps de l'ennemi, l'imaginaire d'une cruauté à la fois exceptionnelle et infinie car légitimée, dans l'esprit de ceux qui l'accomplissent, par le sentiment de faire le bien. » La demande de terreur qui s'exprime à partir de l'été 1793 a pour cause l'effroi ressenti par le peuple parisien à la mort de Marat, incarnation de la Déclaration des droits de l'homme. De cet effroi, sublimé lors des funérailles, émergent la nécessité du salut public, la détermination de « mourir pour la patrie en danger ». Des expressions comme La liberté ou la mort sont à prendre au pied de la lettre. La vengeance, la punition des ennemis sont inséparables du salut public. Danton, le 12 août 1793: « Les députés des assemblées primaires viennent d'exercer parmi nous l'initiative de la terreur contre les ennemis de l'intérieur. Répondons à leurs v?ux. Non point d'amnistie à aucun traître. L'homme juste ne fait point de grâce au méchant. Signalons la vengeance populaire par le glaive de la loi sur les conspirateurs de l'intérieur. » L'Assemblée doit traduire les émotions populaires souveraines. C'est parce que la Législative n'a pas osé mettre en jugement ceux qui ont tiré sur le peuple aux Tuileries le 10 août 1792 que le peuple est entré dans les prisons en septembre. Le souvenir de ces massacres hante les révolutionnaires, soucieux de « donner une forme légale aux émotions, d'inventer les formes symboliques et les pratiques qui permettront de contenir l'ardeur ». Le tribunal révolutionnaire « est à la fois le symbole de la Terreur et le rejeu des massacres de Septembre. » Il est réclamé par les sectionnaires parisiens, qui « prient la Convention nationale de punir et d'anéantir les intrigants, afin de faire justice au peuple. » Et Danton, aux conventionnels le 10 mars 1793: « Le salut du peuple exige de grands moyens et des mesures terribles. Je ne vois pas de milieu entre les formes ordinaires et un tribunal extraordinaire. » Contrairement aux interprétations aujourd'hui dominantes, le tribunal révolutionnaire est l'antidote de la « vengeance du peuple », une manière de mettre des bornes à l' « exception souveraine » dans sa fonction vengeresse, une occasion de renouer avec la fonction apaisante, médiatrice, de l'Assemblée. Pour Danton, les conventionnels doivent être « les dignes régulateurs de l'énergie nationale ». En inventant le néologisme de « terroriste », les Thermidoriens inaugurent la vision d'une période-à partir de l'an II-marquée par la terreur et le sang, occultant la légitimité de la violence en pareille situation. L'historiographie actuelle est encore délibérément thermidorienne. Et la mise en équivalence morale de l'an II et de 2001, « non sens historique et philosophique...est l'effet de ce qu'on pourrait appeler la rémanence rétinienne de l'image de la terreur révolutionnaire. »