À partir de l'imbrication constitutive de la physique et de la théologie à l'époque moderne, cette étude sur la nature du monde considère le mythe d'une science moderne émancipée, qui s'opposerait à la théologie. Si la science nouvelle se présente en effet à l'aube de l'Âge classique comme une herméneutique du monde physique, elle ne se substitue pas à l'exégèse biblique : elle ne cesse au contraire de s'y confronter et d'emprunter ses modèles heuristiques à la théologie.
Cette constante fondamentale connaît des formes multiples et buissonnantes : il fallait décrire la circulation des concepts, analyser les effets de transfert d'un champ à un autre, repérer les paradigmes théologiques de la science nouvelle — et, inversement, évaluer les enjeux en théologie des théories scientifiques. Décrivant un siècle et demi — de Mélanchthon (1550) aux Boyle Lectures (1691), via Galilée et Descartes, c'est-à-dire passant de la recherche d'une physica christiana à celle d'une religio philosophica, via une theologia cartesiana —, cette enquête privilégie les lieux cruciaux : la cosmologie, l'empyrée, le vide, la mesure du temps et la durée angélique, l'arc-en-ciel ou la physique eucharistique.
L'examen des matrices théologiques de la science moderne révèle ainsi un Grand Siècle différent et inédit.
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