En 1932, à seulement 28 ans, Daniel Guérin, jeune intellectuel et militant révolutionnaire, part sac au dos traverser l'Allemagne à pied et en auto-stop, au plus près d'un pays qui bascule.
Durant l'été 1932 puis au printemps 1933, il sillonne les routes, dort dans les auberges de jeunesse, rencontre ouvriers, chômeurs, paysans ruinés, militants traqués.
C'est dans cette immersion totale - unique pour un observateur français - qu'il tient son carnet de route, véritable radiographie du nazisme en train de conquérir la société allemande.
La peste brune, publié dès 1933, n'est pas une analyse rétrospective : c'est un témoignage arraché à l'instant, écrit au rythme de la catastrophe qui se déploie devant lui. Ce reportage politique d'une intensité rare, écrit dans l'urgence des événements, demeure un avertissement brûlant. Car la « peste brune » change de masque, mais ses ressorts - crise sociale, désespoir, divisions du mouvement ouvrier - persistent.
Relire Daniel Guérin, c'est retrouver une boussole pour comprendre la mécanique fasciste et imaginer des pistes pour l'enrayer.
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