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En l’an 1630, meurt l’homme de génie qui avait révolutionné l’astronomie théorique, Johannes Kepler, que le clergé luthérien avait persécuté en raison de ses idées scientifiques. Débarrassé de cette inopportune concurrence, le premier astronome (et astrologue) qui ait tourné une longue-vue en direction du ciel étoilé, Galileo Galilei, fait imprimer un livre rétrograde, dans lequel il conteste toutes les idées novatrices de Kepler, interprète à sa façon trois passages de l’Ancien Testament pour démontrer la thèse héliocentrique et propose deux « preuves » absurdes en faveur de la rotation de la terre. En cette période extraordinairement agitée (le Saint Empire est ravagé par une terrible guerre de religion qui tourne au génocide ; la guerre larvée entre Bourbons et Habsbourg risque à tout moment de déchirer la catholicité), le pape Urbain VIII ne veut en aucun cas troubler l’esprit de ses ouailles, déjà agitées par la reprise de la querelle opposant les théologiens sur la grâce divine et la prédestination. En 1616, Galilée avait juré de ne plus présenter ses thèses comme avérées tant qu’il ne pourrait les prouver et de ne plus s’adonner à l’exégèse de la Bible et des écrits des Pères de l’Église. En 1632, par son Dialogue, il se rend coupable de parjure. En juin 1633, l’Église condamne au silence, essentiellement pour des raisons de politique et de discipline, un lamentable théoricien en matière d’astronomie. Ni génie, ni martyr, Galilée fut, avant tout, un mégalomane importun, avide de gloire et d’argent. Il meurt en 1642, quelques mois avant la naissance de Newton, le génie qui révolutionnera l’astronomie théorique en parachevant les travaux de Kepler. La douche froide assénée à la vanité de Galilée, en 1633, par le Saint-Office, deviendra aux XIXe et XXe siècles le symbole de « l’obscurantisme religieux », pour les champions de l’anti-catholicisme.