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Si notre modernité est un temps de crise perpétuelle qui renvoie sans cesse chacun et chacune à une solitude désespérée, un journal devrait être, suggère Michel Butel, une conversation au jour le jour, même imparfaite, quelque chose comme l’ébauche d’une communauté malgré tout : En ce temps de crise à quoi sert un journal ? Un journal, c’est une conversation. Une conversation banale : des hésitations, des reprises, des silences, des scories, des envolées, des rechutes, des images, des merveilles, des horreurs, des phrases, des noms, des erreurs, des principes, des idées, des interruptions. l’azur, mince journal de quatre pages qui parut entre juin 1994 et juillet 1995, dont il était l’unique rédacteur, sans argent, sans bureaux, sans salariés, en fut l’illustration. Si l’azur a pour particularité étrange d’être le fait d’une seule plume, qui frappe autant par le désenchantement dont elle est imprégnée que par sa persévérance à trouver des issues, il s’inscrit cependant dans une constellation de journaux décalés, inlassablement imaginés par Michel Butel : L’Autre journal qui a vu le jour de 1984 à 1992, entreprise marginale dans l’univers de la presse qui eut cependant un écho considérable, à laquelle ont collaboré notamment Claire Parnet, Marguerite Duras, Hervé Guibert, Gilles Deleuze, Jean-François Lyotard ou Michel Foucault ; mais aussi Encore, hebdomadaire éphémère créé en 1992, ou L’impossible, qui a vu brièvement le jour de 2012 à 2013. Cette réédition en fac-similé cherche à rendre justice à la forme modeste et inclassable qui était celle de l’azur : une simple feuille pliée en deux, quatre pages, une photographie en noir et blanc en couverture, et sur chaque page, pêle-mêle, des bribes de nouvelles du monde, des réflexions autocritiques, des fragments autobiographiques, des recensions de romans ou de films, des nouvelles, des poèmes, des contes. Dans les interstices de ses colonnes, on trouve encore des aphorismes qui traversent les pages comme des météores énigmatiques, chose à quoi n’est pas nécessairement habitué le lectorat de la presse ordinaire. Des météores romantiques : Seuls ceux qui croient encore à la beauté du monde peuvent changer le monde. ; La joie n’est pas de ce monde. Elle est là — une exilée. Ou des indices disséminés qui éclairent le choix du nom du journal : Tout se dissout dans l’azur. Et renaît dans l’azur. ; S’il n’y a pas de petit truc bleu, il n’y a rien, c’est construit, c’est mécanique, c’est organisé. l’azur est traversé par une tension fascinante et irrésolue, entre la solitude, voire l’isolement d’un rédacteur sans bureaux et sans associés, et la quête qui est la sienne d’une communauté à venir. Dans sa forme même, l’azur engage à penser ensemble solitude et communauté, dans un déchirement qui est peut-être leur condition réciproque d’existence. Le 8 décembre 1994, à l’occasion de considérations utopiques que lui inspirent la mort de Guy Debord, Michel Butel écrit : Ce que nous cherchons à faire accéder au réel, c’est (…) cette communauté et cette séparation qui la nie et qui la fonde. Cette solitude où la communauté prend sa source. Nous voulons manifester cela, qui est au fond de chacun de nous, solitude irrémédiable et irrépressible appartenance à la communauté. Tel semble avoir été le programme de l’azur, médium d’une parole profondément singulière, mais aussi incitation à d’innombrables prises de paroles : Je fais un journal pour qu’il y en ait mille. Pour susciter mille propositions, actions minoritaires, insensées, qui ramèneront la mienne à ses justes proportions, trois fois rien, mais dépêchez-vous, je suis seul, et ce n’est pas tenable, ça déforme, ça déglingue, ça fausse tout d’être seul. Manière de vouloir que sa parole soit emportée dans un tourbillon de paroles autres ; pour l’écrivain qu’il fut, tout devait tendre vers quelque chose d’autre.