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Le « beau marin » de Melville nous séduit. Il combat les bassesses et les laideurs morales. Il nous charme comme nous charmaient naguère les messagers qui ont porté une parole prophétique. Il ne se contente pas de prévoir ou d’annoncer les temps futurs, il invente une parole qui non seulement annonce l’avenir, mais fait de l’avenir quelque chose qu’on ne saurait vivre et qui doit bouleverser, par-delà les catastrophes, toutes les données sûres de l’existence. Melville, dont l’œuvre romanesque anticipe certaines thèses freudiennes (comme l’avait bien compris D. H. Lawrence) s’adresse sans détour à ses contemporains, à ses lecteurs probables ou possibles. Il ne dissimule rien des tendances instinctives et des pulsions destructrices (cannibales ou non) de l’être humain. Dans ses poèmes, l’auteur évoque également, sans masque et sans voile, les mutilations que la guerre et que les lois militaires infligent, par fatalité ou par perversité, aux belligérants. Un ensemble d’écrits de Melville, composés notamment entre 1850 et 1855, mettent en scène des personnages vieillissants, isolés de la société, puis transformés en rebuts. Les noms de baptême de tous ces exclus servent à titrer les contes. Le lecteur découvre « Jimmy Rose », « Bartleby », « Le violoneux », « Le paradis des célibataires et le Tartare des jeunes filles ». Les êtres qui ont chu sont les pendants exacts du beau marin. Leurs corps sont tassés sous le poids d’une longue souffrance ; les regards, fuyants ; les paroles, rares. Mais certains d’entre eux, comme Jimmy, ont conservé un étrange goût pour la vie et œuvrent pour le bien de leurs proches, quand ils en trouvent l’occasion. Tout se passe comme s’il y avait pour l’auteur, entre le bien et le mal, sinon une origine décrite dans les textes bibliques, du moins une énigmatique profondeur partagée. Dans les contes, là où le mal enduré et le mal commis restent en correspondance, la douleur et la mort renvoient tantôt au péché, tantôt au crime. L’écrivain américain a déplacé sans relâche de nombreuses questions chrétiennes. Il est remonté à quelques sources, anecdotiques ou fabuleuses, du péché et de la souffrance dont le mal serait la racine commune. Il s’est bien gardé de sortir d’un enchevêtrement extraordinaire ce qu’il savait et ce qu’il pouvait dire, en romancier et non en philosophe, du bien et du mal. Ce sont des déterminations (historiques, politiques, sociales, voire raciales), plus sûrement qu’une quelconque faute, qui envoient, par exemple, Billy Budd au gibet. Ce sont des lois iniques qui entraînent Steelkilt à déserter ; ce sont les circonstances de la traite qui poussent Babo et Atufal à la mutinerie dans « Benito Cereno ». Le rôle du beau marin, dont l’écrivain n’est pas seulement le metteur en scène, est de rendre concrètes les raisons de se révolter contre les ordres du monde les plus inacceptables.