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Né dans le fracas de l’été 1916, en pleine Première Guerre mondiale, Le Canard enchaîné fait clairement le choix, dès son premier numéro, de rire et faire rire de ce qui est à pleurer : « Mon premier mouvement, quand je vois quelque chose de scandaleux », répétait son fondateur Maurice Maréchal, « est de m’indigner, mon second mouvement est d’en rire. C’est plus difficile, mais autrement plus efficace. » Bataillant contre toutes les censures, contre les « bourrages de crâne », les intolérances, les abus de pouvoir, et les mensonges d’état, le journal, fidèle à cette ligne, a traversé gaillardement un siècle d’histoire en n’épargnant aucune autorité. Il est resté indépendant n’appartenant qu’à ses salariés. « L’hebdomadaire satirique paraissant le mercredi » ne vit depuis cent ans que de ses lecteurs. Sans publicité, il a su sauvegarder, sous trois Républiques, les moyens d’une indépendance économique et donc d’une liberté qui font aujourd’hui figure d’exception. Cette liberté de moyens et de ton confèrent à l’hebdomadaire que de Gaulle nommait « Le Volatile » sa force et sa crédibilité, y compris auprès des puissants qui, chaque semaine, y sont brocardés. C’est de cet « esprit Canard », désormais séculaire, que plus de deux mille articles et dessins réunis dans ce livre retracent l’histoire. De son côté l’écrivain Patrick Rambaud, chargé d’assurer la chronique d’un siècle de Canard, a choisi d’en faire un roman, riche d’anecdotes savoureuses et de personnages hauts en couleur.