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Nous aspirons à un nouveau rapport avec la nature. Qui ne serait plus celui de la seule maîtrise, inaugurée par les temps modernes, où l'homme se croyait tous les droits, « maître et possesseur du monde » (Descartes). On parle de « nouveau contrat » (Michel Serres), de « nouvelle alliance » (Prigogine). Bien des scientifiques et des philosophes commencent donc de s'y employer. La théologie, dans la présente série « Dieu pour penser », aurait-elle sa place en cette recherche commune : « Dieu pour penser le cosmos » ? L'hypothèse est que, à condition d'être entièrement revisité, le vieux mot de « création » peut réserver à quiconque d'étonnantes surprises. L'idée de Dieu, mais pourvu que son sort ne soit plus lié aux concepts de causalité et d'explication, voudrait suggérer ici qu'une transcendance (quelle qu'elle soit) peut paradoxalement aider à sauver et à respecter l'immanence. Et une immanence heureuse. L'homme est un être qui a éminemment besoin d'un lieu et d'un espace où il trouve connivence. Or la science d'aujourd'hui est en train de redécouvrir la nature, comme une nature inventive et créatrice. Disparaît le thème du désenchantement du monde. On propose ici une théologie réconciliée avec le cosmos et y voyant même un lieu de salut qui ne soit pas en retard avec ce rendez-vous où, avec le sort de la planète, se décide peut-être le nôtre et qui, nulle suggestion n'étant jamais de trop pour penser, apporte sa part, une part peu entendue, encore que perçue dès les confins par le vieil Héraclite, du patrimoine de son intelligibilité : la création comme « jeu et risque de Dieu ».