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« On ne cesse de parler de crise des institutions, de l’école, de l’hôpital, du travail social… et, à terme, de la République. Il faut aller au-delà de cette plainte et de cette nostalgie. Longtemps, le travail sur autrui, le travail consistant à éduquer, à former, à soigner, s’est inscrit dans ce que j’appelle un programme institutionnel : le professionnel, armé d’une vocation, appuyé sur des valeurs légitimes et universelles, mettait en œuvre une discipline dont il pensait qu’elle socialisait et libérait les individus. Les contradictions de la modernité épuisent aujourd’hui ce modèle et les professionnels du travail sur autrui ont le sentiment d’être emportés par une crise continue et par une sorte de décadence irréversible. Dans Le Déclin de l’institution, j’ai voulu montrer que cette mutation procédait de la modernité elle-même et qu’elle n’avait pas que des aspects négatifs, qu’elle n’était pas la fin de la vie sociale. Plutôt que de se laisser emporter par un sentiment de chute parce qu’il n’imagine pas d’autre avenir qu’un passé idéalisé, il nous fait essayer de maîtriser les effets de cette mutation en inventant des figures institutionnelles plus démocratiques, plus diversifiées et plus humaines. » F. D.